EZA MAGAZINE

Renforcement du dialogue social – façonnement de l’intégration européenne

Du 29 au 30 juin 2017, un séminaire au sein du projet spécial d’EZA pour les organisations de travailleurs dans les Balkans occidentaux « Renforcement du dialogue social – façonnement de l’intégration européenne », organisé par MOSZ (Munkástanácsok Országos Szövetsége), avec l’aide financière d’EZA et de l’Union européenne, s’est déroulé à Budapest.

L’objectif de ces projets pour EZA était de soutenir les organisations de travailleurs dans les Balkans occidentaux à améliorer le statut des travailleurs au cours des procédures d’intégration européennes.

Vingt-quatre représentants des organisations de travailleurs en provenance de Roumanie, de Serbie, de Slovaquie, de Slovénie et de Hongrie ont participé au séminaire.

M. Imre Palkovics, président de MOSZ, a ouvert le séminaire, en soulignant que pour la Hongrie et les autres pays postsocialistes, il était difficile de comprendre et d’appliquer les règles établies par l’Union européenne et que par conséquent des réunions de ce genre nous rassemblaient toujours pour que nous comprenions comment nous pouvons influencer et façonner les règles applicables à notre cas.

Il a ajouté que les organisations de travailleurs étaient appelées à présenter les intérêts de l’emploi vis-à-vis du Parlement européen. Comme il l’a dit : « à travers ces institutions, nous pouvons collecter les problèmes, nous pouvons attirer l’attention sur l’objectif fixé par les pères de fondation de l’Union européenne qui est le suivant : dans le cadre du dialogue social, beaucoup peut être fait pour l’amélioration du bien-être des travailleurs qui peut être atteint et réalisé dans un environnement réglementé !

Mme Aleksandra Lekic, chef du département international du TUC serbe NESAVISNOST a présenté les défis actuels dans les procédures d’intégration du point de vue serbe. Comme elle l’a dit, le taux d’emploi est désolant en Serbie, les fonds de pré-intégration ne peuvent pas être utilisés. Le Gouvernement ment constamment sur l’état de l’économie et le taux d’emploi. Les syndicats n’ont pas la possibilité de fusionner dans les procédures.

À l’époque, le NESAVISNOST a joué un rôle important dans les activités anti-guerre et significatif dans l’abolissement du régime de Milošević. Les intellectuels indépendants, l’opposition démocratique et le syndicat indépendant, le NESAVISNOST ont ouvert un bureau commun et avec les ONG, ils ont eu l’occasion d’orienter le pouvoir dans une direction démocratique.  Ils ont pu gérer un dialogue social avec le parti démocratique serbe dans un cadre institutionnel. Ils ont eu besoin de presque cinq ans avant de pouvoir faire passer la loi sur les syndicats. Récemment, la Serbie a régressé comme République de l’union développée à l’état individuel, la récession s’étant développée ; le Gouvernement essaie de couvrir la récession. Le taux d’emploi diminue, de nombreux jeunes sont au chômage et les circonstances sociales et celles de l’emploi sont de plus en plus difficiles. Elle a ajouté : « nous avons essayé de maintenir de bonnes relations avec les médias, mais de nos jours, la censure est encore en vigueur concernant les organisations de travailleurs. Le nombre de syndicalistes diminue constamment, ce qui s’explique par le fait que tout le monde ne peut pas adhérer à un syndicat, seulement ceux qui sont employés et que par conséquent les jeunes et les retraités ne sont pas ciblés.

Ils ont été exposés à la thérapie du choc post-communiste dont l’effet peut être encore ressenti aujourd’hui, la structure institutionnelle et la législation n’ayant pas pu rattraper les attentes d’aujourd’hui.

Dr. Balázs Rossu, professeur assistant à la Faculté de droit et de sciences politiques de l’Université de Szeged a attiré l’attention sur sa suggestion d’examiner le règlement qui souscrit aux limitations de l’affiliation syndicale. La possibilité de discrimination existant dans ce cas, doit être signalée à l’Union européenne.

Le sujet principal de la table ronde était l’effet et le jugement de l’engagement politique des dirigeants syndicaux. Selon l’opinion des participants serbes, le fait que Vladislav Jevtovic ait pris une position politique a eu un effet négatif sur le mouvement. Ils n’ont pas soutenu cette activité. Ils croient que de plus en plus d’experts indépendants doivent participer aux procédures d’intégration.

Imre Palkovics a soulevé la question suivante : «  les syndicats peuvent-ils et doivent-ils être liés aux partis politiques ? Comme il l’a dit, sans l’influence directe de la politique, les syndicats ne peuvent pas l’emporter. C’est ainsi que le parti travailliste a pris vie au Royaume-Uni. Le rôle du Gouvernement a augmenté et tout le monde cherche à influencer cela. Les syndicats sont-ils capables d’influencer les prises de décision gouvernementales ? Sont-ils capables de représenter individuellement les travailleurs ? De nos jour, les systèmes sont souvent appelés « particratie » avec une raison, au lieu de la démocratie ».

Dans sa présentation, Dr. Balázs Rossu a souligné ce qui suit : la Hongrie est un mauvais exemple pour la mise en œuvre de la réglementation de l’Union européenne. L’objectif principal du droit du travail est essentiellement de maintenir la paix sociale. Malheureusement, la responsabilité et la créativité manquaient dans la procédure de mise en œuvre. « Nous avons essayé de suivre servilement la réglementation de l’Union européenne et nous n’avons pas tenu compte du fait que si un pays membre ne se conformait pas aux lignes directrices, cela posait un grand problème et violait le minimum commun », a dit le professeur de l’Université de Szeged.

Dr. Judit Czuglerné Ivány, la vice-présidente juridictionnelle de la Confédération nationale des comités d’entreprise a ajouté qu’elle avait participé à la procédure de négociation, représentant le parti des travailleurs. Mais malheureusement que les représentants des travailleurs étaient impliqués dans les phases de négociation ultérieures. Or, il est très important que les syndicats puissent participer aux procédures de formulation de législation dès le début.

Dr. Gábor T. Fodor a parlé du rapprochement des lois impliqué dans la procédure d’intégration selon la perspective hongroise, avec une attention particulière sur le droit du travail collectif. Il a dit que même s’il avait participé à de nombreux voyages d’études avant la procédure d’intégration, on n’était pas en mesure de se préparer suffisamment, ne pouvant pas voir les défis à relever par les pays de la CEE au cours de la procédure d’intégration. Avec l’entrée en vigueur du nouveau Code du travail, le rôle des conventions collectives a été amélioré.

Dr. Judit Czuglerné Ivány a parlé de l’application nationale du cadre légale du dialogue social européen. Comme elle l’a dit, la base légale de chaque chose est l’article n° 154, 155 du Traité de fonctionnement de l’Union européenne. Le renforcement des capacités permet d’améliorer l’efficacité grâce au Fonds social européen. L’objectif est le développement d’un réseau social unique et une réglementation minimum commune. Dans sa présentation, la vice-présidente légale a détaillé les accords communs, planifié les objectifs et les difficultés apparues au cours du processus de négociation.

M. Viliam Černý, membre de la Plateforme de la jeunesse de la NKOS slovaque était le dernier présentateur. Il a dit ce qui suit : la NKOS est une organisation de travailleurs chrétienne qui représentait les transporteurs routiers. 85 % des membres étant des femmes. En présentant la grève chez Volkswagen comme exemple concret, il a illustré la procédure du dialogue social en Slovaquie. Dans ce cas, les travailleurs demandaient une augmentation de salaire de 16 %, les salaires finalement augmentés de 4 %.

Au cours du séminaire, le sujet de la relation des syndicats avec les médias a été soulevé assez souvent. Imre Palkovics, le président de MOSZ, a initié un séminaire sur ce sujet où les possibilités dans les médias modernes seraient découvertes afin de rendre la communication des organisations de travailleurs plus efficaces.

La discussion, qui a suivi la présentation, a abouti au résultat que nous avions été ramenés au début de l’an 2000. Selon eux, l’Europe ne peut survivre à la période actuelle que si elle devient une Europe démocratique. C’est sa seule chance de survie et non pas l’Europe des entreprises multinationales et ses gouvernements !