EZA MAGAZINE

Régions frontalières européennes : Ateliers pour le dialogue social pour les êtres humains et les cultures différentes

Avec l’accord de Madrid de 1980, le Conseil de l’Europe a encouragé la coopération transfrontalière entre les communes et les collectivités territoriales. L’objectif était de conclure des accords et des ententes conformément aux propres dispositions constitutionnelles de chaque pays, la coopération transfrontalière étant définie comme projet commun visant à renforcer et à promouvoir les relations de voisinage entre les communes ou les collectivités territoriales dépendant de deux ou plusieurs parties contractantes ainsi que la conclusion d’ententes et d’accords servant à cet objectif.

Dans ce contexte de fond, le séminaire « Régions frontalières européennes : Ateliers pour le dialogue social pour les êtres humains et les cultures différentes », s’est tenu à Zara en Croatie, du 26 au 28 mai 2017, organisé par MCL/EFAL (Movimento Cristiano Lavoratori Ente Nazionale per la Formazione e l'Addestramento dei Lavoratori). Cinquante-trois représentants d’organisations de travailleurs en provenance d’Italie, de Croatie, d’Albanie, de Bosnie, de Serbie, du Monténégro, de l’ARYM et de Slovénie y ont participé. Le séminaire était financé par EZA et l’Union européenne.

Au cours du séminaire, le thème des régions transfrontalières européennes a été débattu. Une attention particulière a été accordée à l’Autriche/l’Italie/la Croatie ou à la région alpine/adriatique.

Dans ce contexte, plusieurs conférenciers ont mis en évidence les différentes expériences faites au niveau local concernant la position des travailleurs, la cohésion sociale et la coopération.

Entre autres, il y a eu une contribution du conseiller du ministre des affaires intérieures italien, Isidoro Gottardo, qui a souligné le rôle des régions et de leurs premiers ministres en rapport avec le dépassement des divisions.

Le développement au niveau local peut indubitablement créer une plus grande cohésion sociale. Un risque demeure cependant, la bureaucratie excessive qui empêche une solution rapide aux problèmes. Les mesures visant à la privatisation de l’économie dans les pays des Balkans occidentaux méconnaissent par exemple le dialogue social et la solidarité à divers niveaux et empêchent le plein emploi et le développement économique. Lors du séminaire, on a décidé que l’UE devrait faire tout son possible pour ne pas décevoir les attentes des citoyens dans les Balkans occidentaux qui espèrent une intégration européenne.

Les pays de l’UE ont besoin des pays des Balkans occidentaux dans l’Union européenne, même après le Brexit. On a beaucoup parlé des différentes formes de populisme et du nationalisme qui semblent revenir.

En outre, dans les différents rapports, tous les conférenciers ont attiré l’attention sur l’importance de la politique de la jeunesse et ont exprimé leur préoccupation face à l’exode de nombreux jeunes diplômés.

En outre, le rôle du dialogue interreligieux a été discuté. Cela est utile pour promouvoir la démocratie qui doit être renforcée à tous les niveaux en raison de sa fragilité.

Le thème central de la dernière journée du séminaire était le problème de la pauvreté. En l’occurrence, il est devenu clair que ce n’était qu’ensemble que l’on pouvait lutter contre les différences économiques et sociales dans la société. Sans dialogue social, il ne pourra jamais avoir de paix sociale en Europe. À cet égard, il est nécessaire de redécouvrir l’idée fondamentale de la paix et du bien commun européens qui a été le fondement des institutions européennes et qui a encouragé leur développement.

La position centrale de l’espace maritime dans cette zone qui est fondamentale pour le transport et les processus socioéconomiques entre l’Italie et la Croatie ; les relations commerciales maritimes historiques ; les biens communs au sens des espaces naturels et du patrimoine culturel ; la pondération, qui a été attribuée en commun aux secteurs industriels qui exploitent les ressources marines naturelles, met en évidence combien l’économie bleue et verte est importante pour une croissance régionale durable dans le domaine de la coopération discuté lors du séminaire à Zara. Ces problèmes sont au centre des mesures stratégiques du programme de coopération transfrontalière entre l’Italie et la Croatie, dont le principe directeur est « L’accroissement de la prospérité dans ce domaine et la promotion des perspectives de croissance « bleues », en encourageant les partenariats transfrontaliers appropriés pour de vrais changements réalisables ». Ce point a été discuté vers la fin du séminaire.

On a identifié les projets opérationnels devant être réalisés à l’aide de la fameuse approche ascendante (du bas vers le haut) et les projets stratégiques qui ont été choisis à l’aide de l’approche descendante (du haut vers le bas) et en raison des caractéristiques stratégiques. Ces projets sont coûteux et ont une large portée géographique dans le cadre du partenariat et contiennent des pouvoirs techniques et institutionnels spécifiques. Tout cela prend en compte la stratégie européenne et les actions communes énumérées ci-après et approfondies dans les propositions opérationnelles :

-          atteindre autant de résultats concrets que possible grâce aux contributions,

-           la complémentarité avec d’autres mesures financées par l’UE visant à renforcer la cohésion économique, sociale et territoriale des régions appartenant au programme,

-           aligner les contributions sur les priorités définies de la stratégie « Europe 2020 » (croissance intelligente, durable et inclusive),

-           contribuer à la mise en œuvre de la stratégie de l’UE pour la microrégion de la mer adriatico-ionienne et de la politique maritime intégrée,

-          poursuivre et renforcer la coopération entre les institutions, les organisations et les réseaux issus de la planification précédente.