EZA MAGAZINE

L'Europe de tous et pour tous : le socle européen des droits sociaux

Le séminaire intitulé « L'Europe de tous et pour tous : le socle européen des droits sociaux », a été organisé à Trente, du 20 au 22 octobre, par l’UNAIE (Unione Nazionale Associazione Immigrati e Emigrati), avec l’aide financière d’EZA et l’Union européenne Quatre-vingt représentants étaient venus d’Italie, de Belgique, de Croatie, de Bulgarie, de France, d’Allemagne, de Grande-Bretagne, du Portugal, de Roumanie, de Slovaquie, de Finlande, de Suisse (en tant qu’invités), d’Espagne et d’Irlande.

Le séminaire a commencé par les mots de bienvenue d’Alberto Tafner (Vice-président de l’UNAIE et Président de Trentini nel Mondo) et d’Esmeralda Van Den Bosch (EZA). Maurizio Tomasi, l’animateur du débat transmet les salutations d’Ugo Rossi (Président de la Province de Trentin) et du maire de Riva del Garda qui, pour des engagements institutionnels antérieurs n’ont pas pu assister au séminaire. Le séminaire était divisé en quatre sessions, chacune se concentrant sur l’unique perspective du thème principal. « Le socle européen des droits sociaux ».

Au cours de la première session, l’introduction au sujet a été discutée, avec différents points de vue et différentes perspectives tels que : le dialogue social au cours du processus constitutif, les questions politiques, les points critiques pour l’application, les besoins et les idées du pilier. Les conférenciers étaient : Prof. Jozef Pacolet (HIVA – Institut de recherche pour le travail et la société, Université catholique de Louvain), Dr. Vittorino Rodaro (Ancien directeur de la représentation commune de la région européenne du Sud-Tyrol Tyrol et Bureau du Trentin à Bruxelles), Dr. Markus Herrera Torrez (CES – Organisation syndicale européenne) et Dr. Francesco Corti (chercheur doctorant de l’Université de Milan). Au cours de cette session, un débat intéressant a commencé, ayant trait aux différents points de vue parmi les conférenciers et entre les conférenciers et le public. Le sujet principal était l’écart entre les bons principes et la théorie du pilier et son

application future dans la vie de tous les jours. L’asymétrie de l’Europe à « deux vitesses » (Est-Ouest, Nord-Sud) avec un tas de questions non résolues (dumping, économie, règles du marché du travail etc.) rend très difficile l’adoption tangible des principes du pilier. C’est une direction très importante, mais sans application réelle dans chaque pays européen, elle ne reste qu’une théorie équitable. Pour le public, ce débat a été très intéressant parce qu’ils ont entendu des opinions différentes et que grâce à cela, ils ont eu à la fois une idée de la complexité du sujet et l’occasion de créer leur point de vue critique.

Le samedi matin, la deuxième session a accueilli les discours des représentants politiques et syndicaux. Et puis deux témoins privilégiés de l’application concrète et des besoins du pilier des droits sociaux : le COMITÉ du Consulat italien de Barcelone qui a parlé de l’État d’urgence de la communauté italo-vénézuélienne, le Consul honoraire général de Roumanie pour le Trentin Haut-Adige qui a parlé de la communauté roumaine. La dernière présentation était sur le Brexit et les droits des travailleurs et des étudiants européens au Royaume-Uni. Les conférenciers étaient : On. Laura Garavini (députée de la République italienne élue pour le Quartier européen), Dr. Lotta Savinko (Responsable des affaires de la vie professionnelle d’AKAVA – syndicat finlandais pour le personnel professionnel et les cadres), Dr. Alessandro Zehentner (comité du Consulat italien de Barcelone), Dr. Maurizio Passerotti (Consul honoraire général de Roumanie pour le Trentin Haut-Adige) et Jonathan Kingham (LexisPSL, avocat de soutien professionnel – loi de l’immigration pour LexisNexis, conseillers du groupe de travail sur le Brexit).

Au cours de cette session, ils ont expliqué l’application réelle du pilier des droits sociaux et le besoin de ses principes équitables qui pourraient combler le manque existant dans de nombreuses situations dans la vie concrète. Les discours démontrent le besoin de cette fondation commune importante. Au cours de cette session, quelques questions ont été également posées aux conférenciers, axées sur le sujet du Brexit qui est très réel et crucial.

Samedi après-midi, la troisième session était concentrée sur le phénomène de la mobilité des jeunes, une énorme émigration à travers l’Europe qui s’est intensifiée au cours de ces dernières années. Quels sont les droits, les problèmes et les besoins des jeunes travailleurs ? Souvent mal défendus, souvent avec de faibles possibilités d’accès au système de sécurité sociale en raison de l’écart entre les différentes nations européennes. Les conférenciers ont expliqué les difficultés rencontrées avant, durant et après l’émigration, la connexion à la régression économique, mais également l’opportunité offerte par l’Union européenne, à la fois grâce aux études Erasmus et au travail des projets EURES. Ainsi est apparu le besoin de concrétisation du pilier pour soutenir les travailleurs en mobilité, une catégorie moins protégée qui ne cesse d’augmenter. Les conférenciers étaient : Prof. Edith Pichler (Potsdam Université de Berlin), Dott. Laura Pitteri (Responsable du projet EURES pour la région du Trentin), Prof. Frederic Spagnoli (Directeur du Bureau des Relations internationales de la Faculté des Lettres de l’Université de Franche-Comté), Dr. Martina Bisello (Bureau de recherche pour l’amélioration des conditions de vie et de travail).

Dimanche matin, la quatrième et dernière session a été conclue selon le contexte historique du prof. Charles Walton (Université de Warwick) qui a donné une analyse historique intéressante des droits socio-économiques à travers le siècle, en particulier de la révolution française à la constitution moderne du piler européen des droits sociaux. Le discours a été suivi avec intérêt et de nombreuses questions ont été posées à ce sujet. Après cela, l’ex-député italien Franco Narducci (ancien Président de l’UNAIE) a rappelé point par point les discours du séminaire et les perspectives de discussion du débat et il en a tiré la conclusion. La deuxième partie de l’après-midi était réservée aux questions libres et les participants ont eu l’occasion de parler et d’exprimer leurs propres idées et considérations.

En conclusion, les droits sociaux sont une question importante pour chaque citoyen, chacun est appelé à soutenir et à prendre part au débat. Le dialogue social avec les syndicats, les travailleurs et les experts est nécessaire pour construire un pilier avec des principes partagés. L’application du pilier ne sera possible qu’avec des accords concrets avec les pays européens visant à surmonter les différences et les barrières. L’Europe doit procéder de toute urgence à la mise à jour de l’acquis social, en surmontant les différences et les désaccords politiques parmi les vingt-sept pays. Les divergences sur la fiscalité, les politiques économiques et la prospérité ont accentué l’asymétrie au sein de la zone euro, augmentant les différences au sein du marché unique européen, notamment dans les systèmes de sécurité sociale et les coûts du travail, la sécurité de l’emploi, les salaires et les services sociaux. L’aplanissement des différences et de l’inégalité doit donc être une priorité au sein des frontières européennes. Les contrats de travail européens, un système unique de droit du travail, les mêmes règles en matière de prospérité sont le seul moyen de réduire l’asymétrie dans la zone euro et de surmonter le manque de confiance en Europe. Des politiques communes et des directives spécifiques sont nécessaires. Le pilier soutient les principes équitables et

fondamentaux, mais il y a un risque élevé qu’ils restent une pure théorie. Le pilier doit être une contrainte légale pour réécrire le pacte social issu des disparités qui ne doit pas rester seulement une liste de principes équitables.